Le président chypriote est déterminé à relancer le processus de négociation avec la Turquie |

Chypre est divisée depuis plus de quatre décennies et les dirigeants de ses communautés grecque et turque se sont rencontrés pour la dernière fois en 2019 lors d’une conférence organisée par l’ONU à Berlin.

Il a souligné qu’il n’y avait qu’un seul plan: parvenir à un règlement sur la base d’une fédération bizonale et bicommunautaire avec égalité politique, comme le prévoient les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et conformément aux principes sur lesquels l’UE est fondé.

« Un règlement qui conduira à un État fonctionnel et viable, sans le système obsolète de garanties, le droit d’intervention, la présence de troupes étrangères ou toute sorte de dépendances étrangères. Un règlement qui profitera également à tous les Chypriotes, Chypriotes grecs et Chypriotes turcs, respectant pleinement leurs droits humains et contribuant à la paix et à la stabilité de la région.

M. Anastasiades était l’un des orateurs du quatrième jour de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale. Après s’être tenu pratiquement l’année dernière en raison de la pandémie de coronavirus, le rassemblement de cette année comportera des activités «hybrides» qui incluront des dirigeants en personne ainsi que des participants virtuels.

Solution et négociations

M. Anastasiades a déclaré qu’il se tenait dans la salle de l’Assemblée générale « représentant un pays qui, malheureusement, subit encore les conséquences de la violation flagrante des principes fondamentaux des Nations Unies, à la suite de l’invasion militaire illégale de la Turquie en 1974 et de la occupation en cours. »

Il a déclaré qu’il n’était pas dans son intention « de s’engager dans un jeu de blâme », mais a contesté l’affirmation turque selon laquelle les efforts pour un compromis ont été épuisés.

« Un compromis devient encore plus difficile à atteindre lorsque de nouvelles idées avancées de notre côté, comme l’a demandé le Secrétaire général et dans un effort pour faire avancer le processus, sont rejetées de manière flagrante », a-t-il ajouté.

Parmi ses propositions, il a pointé une décentralisation de l’exercice des pouvoirs, l’option d’un système parlementaire avec un chef de l’Etat d’apparat et un Premier ministre tournant et, plus récemment, une invitation aux Chypriotes turcs à réintégrer les institutions de l’Etat.

Un sentiment de déception

Le président chypriote a souligné « un sentiment de déception » parmi les peuples du monde, affirmant qu’il est causé par « un écart grandissant entre les paroles et les actes, entre les déclarations et les engagements de bon augure qui sont faits et les résultats des mesures que nous promettons de livrer. »

Parlant des grands défis mondiaux, il a affirmé qu’un « échec collectif et partagé » a déçu « de nombreuses personnes à travers le monde, dont les droits humains fondamentaux et la dignité ne sont pas suffisamment protégés ».

Pour lui, pour résoudre ces problèmes, il n’y a qu’une seule réponse : « Le multilatéralisme, une solidarité tangible et des partenariats plus forts, basés sur un agenda positif ».

Il a abordé la question du changement climatique, citant les « projections alarmantes » pour sa région, et a informé que Chypre assurait un rôle de coordination pour l’élaboration d’un plan d’action régional.

Il a également évoqué les développements les plus récents en Afghanistan, déclarant aux États membres qu’ils « partagent la responsabilité collective de faire respecter le droit international humanitaire, en particulier en ce qui concerne la protection des femmes et des minorités ».

« Nous devons également veiller à ce que l’Afghanistan ne devienne pas un refuge pour le terrorisme et l’extrémisme, ou un terrain fertile pour le crime organisé, le trafic d’armes et de drogue et de nouvelles vagues de migration illégale », a-t-il ajouté.

Enfin, il a fait valoir que les dirigeants mondiaux « ont plus que jamais le devoir moral, éthique et politique de promouvoir l’essence de la civilisation humaine, d’unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales et d’établir des conditions qui peuvent apporter prospérité et bien-être à tous ».

« J’espère que l’année prochaine, nous serons en mesure d’être fiers de nous car nous avons franchi des étapes importantes vers la réalisation de cette vision », a-t-il conclu.

Lire la déclaration complète en anglais ici.

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