enfin la bonne pour le Sénégal ?

Doté de l’effectif le mieux fourni du plateau, le Sénégal débute sa quête d’un premier titre continental contre le Zimbabwe ce lundi (14h).

Tout un pays attend cela. Dernier finaliste, le Sénégal demeure une des grandes nations du football africain toujours en quête d’une première Coupe d’Afrique des Nations. Deux finales en 16 participations, la dernière, perdue contre l’Algérie en 2019 (0-1), et le sentiment que le destin ne veut pas sourire aux Lions de la Téranga. «Ça pèse sur tout le pays de n’avoir jamais gagné une CAN, c’est un peu leur rêve inaccessible», pose Claude Le Roy, qui avait pris en main la sélection entre 1989 et 1992, juste après avoir triomphé avec le Cameroun en 1988. «C’est de ma faute, j’aurais dû gagner la première alors que j’avais la meilleure équipe, regrette le «Sorcier Blond», suiveur toujours assidu du football africain. Si on avait gagné cette première Coupe d’Afrique, je pense qu’ils en auraient gagné beaucoup d’autres. Il y a un certain blocage psychologique, il faut qu’ils décrochent la timbale.»

Et l’effectif 2022 est favorable à ce dessein, au moins sur le papier. «C’est certainement l’effectif le plus complet, avec un homme fort à toutes les lignes. Aliou Cissé a cette diversité un peu partout sur le terrain», analyse Robert Malm, ancien international togolais reconverti en consultant sur beIN SPORTS, diffuseur exclusif de la compétition. À l’aube de cette 33e CAN, le sélectionneur sénégalais bénéficie d’un réservoir autrement plus fourni que celui de ses concurrents. «On pense tout de suite à Sadio Mané, le joueur star de la sélection, mais aussi à Edouard Mendy, Idrissa Gueye ou Kalidou Koulibaly», relève Robert Malm, qui commentera la compétition. Autant de joueurs qui forment la colonne vertébrale du Sénégal.

L’effectif XXL du Sénégal d’Aliou Cissé. Twitter @caf_online
Mendy et Koulibaly touchés par le Covid-19

Une colonne vertébrale cependant amputée de ses piliers défensifs pour l’entrée en lice du pays contre le Zimbabwe ce lundi (14h). Testés positifs au Covid-19, le gardien Edouard Mendy (Chelsea) et le défenseur Kalidou Koulibaly (Naples) manqueront à l’appel à Bafoussam, comme Famara Diedhiou, l’attaquant passé par Clermont et Angers, lui aussi testé positif. Un premier caillou dans la chaussure d’Aliou Cissé. «Il y a six joueurs titulaires absents, c’est vrai que c’est inquiétant, a regretté à la veille de la rencontre l’ancien capitaine de la sélection. Mais ce n’est pas une excuse pour nous.»

« Toute cette armada, c’est presque trop pour le Sénégal. »

Alain Giresse

Son statut et son réservoir doivent permettre au Sénégal de commencer dès lundi à voir plus loin. Et ce même si l’un des dynamiteurs maison, Ismaïla Sarr, libéré tard par son club de Watford, manquera aussi à l’appel pour ce premier match du tournoi. Pour voir le verre à moitié plein, d’aucuns diront qu’il vaudra mieux récupérer tout ce beau monde lors d’échéances plus importantes dans les semaines à venir. «Toute cette armada donne de multiples possibilités de compositions d’équipes, c’est presque trop pour le Sénégal», sourit Alain Giresse, pas inquiet pour une sélection qu’il avait quitté en 2015 après un peu plus d’un an de mandat.

Mané en mission

Aliou Cissé, successeur de ce dernier, construit depuis une équipe qui compte sur la scène internationale (quart-finaliste de la CAN 2017, qualifié pour le Mondial 2018, finaliste de la CAN 2019). «Aliou Cissé a développé l’équipe et est arrivé dans cette dimension avec l’apport de joueurs qui n’étaient pas forcément là au départ», remarque Giresse. Ismaïla Sarr et l’ancien Monégasque Keita Baldé, qui se répartissent les ailes du 4-2-3-1 sénégalais, en sont deux exemples.

Sans être dans son ombre, les deux ailiers, auxquels s’ajoute Krépin Diatta, blessé de longue date avec Monaco et donc absent, sont des fidèles lieutenants du joueur phare de la sélection : Sadio Mané. Le numéro 10 des Lions de la Téranga et de Liverpool arrive enfin à maturité (29 ans) et porte les espoirs de tout un pays.

Avec le Sénégal, Mané a les clés du jeu, juste derrière l’attaquant. «C’est un joueur marquant», s’enthousiasme Giresse, qui en sait quelque chose. Le joueur formé à la pépinière de talent locale «Génération Foot» et passé par le FC Metz a pris une toute nouvelle dimension avec Liverpool, où il a glané une Ligue des champions (2019) et un titre de champion d’Angleterre (2020). Mais demeure cette quête du Graal continental. «J’échangerais tous mes titres pour celui-ci», déclarait l’intéressé dans un spot publicitaire pour son équipementier avant la compétition. Avant de promettre : «les Lions vont rugir». Voilà la concurrence de prévenue.

Les 11 stars de la CAN 2022

Accéder au diaporama (11)

articles similaires

Toute l'actualité