Arrêtez la violence aux frontières européennes et protégez les réfugiés – UNHCR |

Il a déclaré dans un communiqué que violences, mauvais traitements et refoulements continuent d’être régulièrement signalés à de multiples points d’entrée aux frontières terrestres et maritimes.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, a exprimé sa profonde préoccupation face au nombre croissant d’incidents de violence et de graves violations des droits de l’homme contre les réfugiés et les migrants à diverses frontières européennes, dont plusieurs ont entraîné des morts tragiques.

Malgré les appels répétés du HCR, d’autres agences des Nations unies, d’organisations intergouvernementales et d’ONG, la violence se poursuit au sein et au-delà de l’Union européenne, poursuit le communiqué.

« Nous sommes alarmés par des informations récurrentes et cohérentes provenant des frontières terrestres et maritimes de la Grèce avec la Turquieoù le HCR a enregistré près de 540 incidents signalés de retours informels par la Grèce depuis le début de 2020 », a déclaré M. Grandi.

Repoussé et intimidé

La Turquie accueille actuellement quelque 3,7 millions de Syriens et environ 330 000 autres, dont la majorité sont des Afghans.

Des incidents troublants ont également été signalés en Europe centrale et du Sud-Est, aux frontières avec les États membres de l’UE.

Selon le HCR, les personnes sont repoussées et subissent « un schéma inquiétant de menaces, d’intimidation, de violence et d’humiliation ».

« En mer, les gens rapportent avoir été laissés à la dérive dans des radeaux de sauvetage ou parfois même forcés directement dans l’eau, montrant un manque de respect insensé pour la vie humaine », a ajouté M. Grandi.

Depuis septembre, au moins trois personnes seraient mortes dans de tels incidents en mer Égée, dont une en janvier.

«Des pratiques tout aussi horribles sont fréquemment signalées aux frontières terrestres, avec des témoignages concordants de personnes déshabillées et brutalement repoussées dans des conditions météorologiques difficiles», a souligné le chef du HCR.

Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, malgré des preuves crédibles, les États européens n’ont pour la plupart pas enquêté sur ces informations.

Murs et clôtures en construction

M. Grandi a réitéré que le droit de demander l’asile ne dépend pas de la manière dont les personnes arrivent dans un pays et que ceux qui souhaitent demander l’asile devraient être autorisés à le faire.

Selon des données récentes, au moins 82,4 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, dont près de 26,4 millions de réfugiés, dont environ la moitié ont moins de 18 ans.

« Les personnes fuyant la guerre et la persécution ont peu d’options disponibles», a déclaré le Haut-Commissaire.

Ajoutant que « les murs et les clôtures sont peu susceptibles de servir de moyen de dissuasion significatif », il a attesté qu’ils le feraient plutôt, ils contribueraient à une plus grande, en particulier pour les femmes et les enfants.

En mer, des personnes rapportent avoir été laissées à la dérive dans des radeaux de sauvetage ou parfois même forcées directement à l’eau – Haut Commissariat aux Réfugiés

Récit « Forteresse Europe »

Appelant à mettre fin à ce qui se passe aux frontières européennes, M. Grandi a réitéré l’engagement de l’Agence à protéger la vie humaine, les droits de l’homme et la dignité, et a appelé à des enquêtes plus indépendantes sur de tels incidents.

« Nous craignons que ces pratiques déplorables ne risquent maintenant de devenir normalisées et fondées sur des politiques, » il a continué.

Affirmant qu’ils « renforcent un récit nuisible et inutile d’une « Europe forteresse » », il a rappelé que la majorité des réfugiés dans le monde sont accueillis par des pays à revenu faible ou intermédiaire disposant de beaucoup moins de ressources, souvent limitrophes de pays d’origine en crise.

Appel à la protection

Soulignant que les pays européens soutiennent depuis longtemps le travail du HCR et apportent d’importantes contributions qui aident à protéger les réfugiés et à soutenir les pays d’accueil, M. Grandi a rappelé que le soutien financier et capacitaire à l’étranger ne peut remplacer les responsabilités et les obligations des États d’accueillir et de protéger les réfugiés sur leur propre territoire.

Il a également appelé les États à tenir leurs engagements et à respecter les droits humains fondamentaux, notamment le droit à la vie et le droit d’asile.

« La façon dont l’Europe choisit de protéger les demandeurs d’asile et les réfugiés est importante et crée un précédent non seulement dans la région mais aussi dans le monde », a conclu M. Grandi.

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