Burkina Faso. L’augmentation des déplacements s’ajoute aux crises au Sahel |

La crise provoque des tensions supplémentaires dans la fragile région du Sahel en Afrique, déjà en proie à l’instabilité politique, à la violence généralisée, aux pénuries alimentaires et à l’urgence climatique.

Le Sahel fait face à un afflux de réfugiés du Burkina Faso, fuyant les attaques brutales des groupes armés. La région est déjà en proie à l’instabilité politique, à la violence généralisée, aux pénuries alimentaires et est touchée de manière disproportionnée par la crise climatique. https://t.co/YebwZOQ9g6

— HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (@Refugees) 4 février 2022

Le porte-parole du HCR, Boris Cheshirkov, a déclaré que la situation des réfugiés burkinabés devient de plus en plus précaire, car de plus en plus de personnes arrivent en Côte d’Ivoire sans effets personnels ni nourriture.

Attaques extrémistes « violentes »

« Ils ont dit au personnel du HCR que des civils avaient été tués et leurs maisons incendiées par des extrémistes », dit-il, s’adressant à des journalistes à Genève.

Depuis mai dernier, quelque 7 000 Burkinabés sont arrivés dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire, fuyant les violentes attaques des groupes armés. À ce jour, le HCR a enregistré et fourni une assistance à plus de 4 000 personnes.

L’afflux s’est accéléré au cours des six derniers mois, a indiqué l’agence, mais n’est pas considéré comme lié au coup d’État militaire du mois dernier. Les autorités locales signalent qu’une moyenne de 100 personnes traversent la frontière quotidiennement.

L’année dernière, plus de 19 000 Burkinabés ont fui vers la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Bénin, a rapporté le HCR, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2020. Actuellement, plus de 34 000 sont désormais en exil dans la région.

De nombreuses familles ivoiriennes hébergent jusqu’à 30 réfugiés burkinabés dans de petites maisons. La surpopulation aggrave la détérioration des conditions sanitaires, entraînant de nombreux cas de paludisme, d’infections respiratoires et de malnutrition.

Défis humanitaires

Le Burkina Faso est également confronté à une crise de déplacement interne.

Le nombre de personnes déracinées à l’intérieur du pays est passé à plus de 1,5 million l’an dernier, soit une augmentation de 50 %, ce qui représente l’une des proportions les plus élevées de déplacement interne sur le continent.

M. Cheshirkov a déclaré qu’alors que la crise régionale se prolonge, de grandes parties du Sahel restent – ou sont devenues – inaccessibles aux humanitaires qui tentent de soutenir les 2,5 millions de personnes forcées de fuir leur foyer au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

En conséquence, de plus en plus de personnes à travers le Sahel se déplacent vers le sud vers les pays côtiers, ou vers l’Afrique du Nord, où beaucoup se retrouvent dans ce qu’il a décrit comme « des limbes dangereux ».

Dangers de déplacement

La région du Sahel est confrontée à un exode rural sans précédent.

Les personnes déplacées de force se déplacent vers les zones urbaines en raison du rétrécissement des zones sous contrôle gouvernemental, de l’accès réduit à la terre et à la production agricole et des multiples défis environnementaux.

Les populations déplacées sont confrontées à de nouveaux risques en milieu urbain.

« Les menaces qui pèsent sur les femmes et les jeunes sont particulièrement graves, notamment l’exploitation sexuelle et par le travail, la violence sexiste, le recrutement forcé et la traite », dit M. Chechirkov.

« Les interventions visant à soutenir les femmes et les jeunes sont essentielles pour atténuer les souffrances et prévenir les abus, ainsi que les investissements dans un avenir plus positif pour les communautés sahéliennes.

Pendant ce temps, le Sahel reste en première ligne de l’urgence climatique. Les températures augmentent à 1,5 fois la moyenne mondiale, ce qui a aggravé les conflits pour des ressources rares et facilité l’empiètement des groupes armés non étatiques, entre autres menaces.

Le HCR lancera bientôt un appel pour la région du Sahel. Un budget de 307 millions de dollars pour les opérations au Sahel central n’est financé qu’à 7 %.

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