maintenant le Sénégal a vraiment l’allure d’un favori

Les Lions de la Teranga défient le Burkina Faso en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations ce mercredi (20h).

Après un lent démarrage, le Sénégal joue enfin comme un ténor et rentre dans le costume de favori taillé pour la Coupe d’Afrique des nations, avant sa demi-finale contre le Burkina Faso, mercredi (20h00) à Yaoundé. Favoris? «Ne vous laissez pas avoir, hein!» lance le défenseur Abdou Diallo dans le vestiaire après la victoire dimanche contre la Guinée Équatoriale (3-1) en quarts de finale.

«Il n’y a pas de favori ici, on n’a rien fait encore, on est en demi-finale, on est content aujourd’hui, on profite aujourd’hui, dès demain c’est reparti, on a un jour de moins de récup’ qu’eux», prévient le défenseur central du Paris SG dans une séquence largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Au début de son discours de vestiaire, Abdou Diallo rappelle le contexte, l’étiquette de favori visible comme sur un tee-shirt de marque italienne avec laquelle voyageaient les «Lions de la Teranga», puis la désillusion après un 1-0 et deux 0-0 en poules.

«Personne ne nous prend pour un favori parce que soi-disant on joue mal, mais aujourd’hui tout le monde va dire: +On a gagné, on est favori+», ajoute le défenseur.

Finaliste de la dernière édition, mondialiste en 2018, armé comme jamais avec une star par ligne, Sadio Mané, Idrissa Gueye, Kalidou Koulibaly et Édouard Mendy, le Sénégal a débarqué au Cameroun dans les habits d’un prétendant ambitieux.

«Une course de fond»

Mais un premier tour à un seul but marqué, un penalty de la dernière seconde – de Mané – contre le Zimbabwe, l’étiquette était froissée. «Les grandes équipes on les critiquera toujours, c’est normal, l’attente est énorme», explique à l’AFP l’ex-star sénégalaise El-Hadji Diouf. «Mais je le répète: la CAN n’est pas une course de vitesse mais une course de fond.» Les Lions ont élevé le niveau en 8es face au Cap-Vert (2-0), en finissant certes à onze contre neuf, puis offert un des meilleurs matches du tournoi contre la séduisante Guinée Équatoriale.

Le Sénégal «est une équipe qui monte en puissance, on a un potentiel énorme si on joue notre jeu», insiste Diouf, finaliste malheureux en 2002 contre le Cameroun (0-0, 3 t.a.b. à 2), une finale envisageable en 2022, les «Lions Indomptables» affrontant l’Égypte dans l’autre demie, jeudi. «On sait qu’on peut mieux faire, admet le capitaine Koulibaly, on sait qu’on est en train de monter en puissance. On sait qu’on peut encore mieux tenir le ballon mais il ne faut pas faire la fine bouche, on est qualifiés pour les demi-finales.»

Le Napolitain admet «qu’après le premier et le deuxième match voire les matches de poule, personne ne nous voyait là», mais son équipe était programmée pour le septième match, la finale, pas uniquement les trois premiers. «Il n’y a plus de favori aujourd’hui, quand on arrive en demi-finale, il faut seulement gagner», rappelle-t-il.

«On ne s’enflamme pas»

Le sélectionneur Aliou Cissé aussi tient à refroidir un éventuel excès de confiance. «On ne s’enflamme pas, on sait que tout n’a pas été parfait» contre le «Nzalang» (Éclair) guinéen. «Nous avons fait un début de +prépa+ très difficile, les gens disaient qu’on cherchait des excuses, mais quand dix joueurs ne sont pas là (blessures et Covid, NDLR), c’est normal que les débuts soient poussifs», rappelle Cissé.

«On a gardé la foi, on a toujours cru en nous et travaillé malgré les critiques, aujourd’hui tout le monde est d’accord que le Sénégal est en train monter en puissance, mais l’équilibre est fragile», souligne l’entraîneur. Au moins ses Lions ont la peau tannée depuis mars 2015 qu’il est en place. «Depuis six ans, on a bourlingué partout sur le continent, joué toutes sortes de footballs, certains d’entre nous jouent leur quatrième CAN, moi je l’ai aussi jouée sur le terrain: c’est l’expérience», assure Aliou Cissé.

«Dans les moments difficiles, on est resté serein, on a avancé ensemble», poursuit-il. «Nous sommes le Sénégal, embraye Sadio Mané, et on est capable de battre n’importe quelle équipe, on va essayer encore, pour passer en finale», peu importe l’étiquette.

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