Protéger la diversité linguistique à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle |

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, a souligné que quatre enfants sur 10 dans le monde n’ont pas accès à une éducation dans la langue qu’ils parlent ou comprennent le mieux, ce qui signifie que les bases de leur apprentissage sont plus fragiles.

La diversité culturelle et linguistique est de la plus haute importance pour construire des sociétés durables.

Pour la #MotherLanguageDay, nous voulons voir le ❤️ dans TOUTE sa diversité !

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— UNESCO ?️ #Éducation #Sciences #Culture ??? (@UNESCO) 21 février 2022 Trouver et oublier

« Dès le premier jour d’école, de nombreux écoliers font l’expérience ambivalente de découvrir une langue – et le monde des idées qui l’accompagne – et d’en oublier une autre : la langue qu’ils connaissent depuis l’enfance. » dit-elle.

« Cet éloignement de la langue maternelle nous touche tous, car la diversité linguistique est un bien commun. Et la protection de la diversité linguistique est un devoir.

Mme Azoulay a souligné que chaque langue a un certain rythme, ainsi qu’une certaine façon d’aborder les choses et de les penser.

«Apprendre ou oublier une langue, ce n’est donc pas seulement acquérir ou perdre un moyen de communication. Il s’agit de voir un monde entier apparaître ou disparaître », a-t-elle déclaré.

La technologie pour apprendre

Pour les Nations Unies, la Journée internationale de la langue maternelle reconnaît que les langues jouent un rôle vital dans le développement, en garantissant la diversité culturelle et le dialogue interculturel.

Le thème de la commémoration de cette année est « Utiliser la technologie pour l’apprentissage multilingue : défis et opportunités ».

Andriamiseza Noro, spécialiste du programme d’éducation à l’UNESCO, estime que la technologie a le pouvoir de relever certains des plus grands défis de l’éducation aujourd’hui.

Cela inclut l’apprentissage multilingue basé sur la langue maternelle, un élément clé pour l’inclusion dans l’éducation, qui favorise également le respect de la diversité et un sentiment d’interdépendance entre les pays et les peuples.

« La technologie permet donc d’être dans une situation réelle, ce qu’on n’a pas forcément avec un livre ou un manuel », a-t-elle déclaré à ONU Info.

Mme Noro a observé que les jeunes ont tendance à utiliser la technologie en dehors de la salle de classe. « Et j’ai l’impression qu’ils apprennent beaucoup plus vite avec ces technologies. C’est donc le potentiel de la technologie qui nous permet d’être plus multilingues et de communiquer beaucoup plus rapidement », a-t-elle déclaré.

Préserver les langues autochtones

Bien que la technologie puisse fournir de nouveaux outils pour protéger la diversité linguistique, notamment pour enregistrer et préserver des langues qui n’existent peut-être que sous forme orale, Mme Azoulay a mis en garde contre les pièges potentiels.

Comme Internet présente un risque d’uniformisation linguistique, « il faut aussi être conscient que le progrès technologique ne servira le plurilinguisme que tant que l’on fera l’effort de le faire ».

Par conséquent, a-t-elle déclaré, concevoir des outils numériques dans plusieurs langues et soutenir le développement des médias, ainsi que soutenir l’accès à la connectivité, doivent être faits pour qu’une personne puisse découvrir différentes langues sans renoncer à sa langue maternelle.

Mme Azoulay a ajouté que cette année marquait le début de la Décennie internationale des langues autochtones qui devrait donner un nouvel élan à la protection de ce qu’elle a appelé « ces précieux dépositaires de savoir-faire et de visions du monde ».

L’UNESCO est l’agence chef de file de la Décennie internationale, et elle a souligné son plein engagement envers cet objectif.

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