RD Congo. L’envoyé de l’ONU appelle à une stratégie pour s’attaquer aux causes profondes du conflit |

Bintou Keita, qui dirige la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a informé mardi le Conseil de sécurité des récents développements dans ce pays.

Elle a déclaré que seulement trois mois après le début de cette année, près de 2 300 morts parmi les civils avaient été enregistrés dans les provinces de l’est du pays. « C’est la preuve des limites inhérentes à n’avoir que des opérations de sécurité pour résoudre les conflits, » dit-elle.

🚨L’hélicoptère dont le contact a été perdu avait ce matin à son bord 8 militaires.

Il était en reconnaissance dans la zone de 📍Tshanzu, au sud-est de #Rutshuru dans la Province du Nord-Kivu, une zone qui a été le théâtre de combats récents entre le #M23 et les #FARDC. pic.twitter.com/m7kg5NXLbR

— MONUSCO (@MONUSCO) 29 mars 2022 Groupes armés

Mme Keita a déclaré que la situation sécuritaire dans l’est du pays s’est détériorée malgré les opérations militaires conjointes contre les groupes armés par les forces de sécurité nationales, connues sous le nom de Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), auxquelles se sont jointes les Forces populaires ougandaises. Forces de défense (UPDF).

Elle a déclaré que les pertes civiles et les déplacements de population ont augmenté en raison des représailles sanglantes des militants des Forces démocratiques alliées (ADF).

Au cours des trois derniers mois, il y a eu une augmentation alarmante des activités du mouvement rebelle M23 au Nord-Kivu. Lundi, des éléments du M23 ont mené des attaques horribles, ciblant des civils dans des communautés proches de Rutshuru.

Au Nord-Kivu, la situation s’est aggravée à cause de l’utilisation d’engins explosifs improvisés par les ADF. Le 11 mars, ses dirigeants ont renouvelé leur allégeance à Daech. La MONUSCO a également documenté une augmentation de 10 % des violations des droits de l’homme et des attaques depuis décembre dernier.

Crash d’hélicoptère : ouverture d’une enquête

Plus tôt mardi, la mission a signalé qu’une opération de recherche et de sauvetage était en cours, après qu’un hélicoptère Puma a perdu le contact avec la MONUSCO et s’est écrasé dans la région agitée du Nord-Kivu.

S’exprimant lors du briefing régulier de midi, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré qu’il y avait huit personnes à bord, dont six membres d’équipage – tous issus de l’armée pakistanaise – et deux militaires – l’un de Russie et l’autre de Serbie.

Ils étaient en mission de reconnaissance dans la région de Tshanzu, au sud-est de Rutshuru, théâtre de récents affrontements entre les forces congolaises et le M23.

« Une enquête est en cours. Nous vous tiendrons au courant dès que de plus amples informations seront disponibles », a déclaré M. Dujarric.

« Nos pensées vont évidemment aux familles et aux amis des personnes à bord de l’hélicoptèreet tous nos collègues de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo.

© Photo ONU/Eskinder Debebe

Bintou Keita (à l’écran), Représentante spéciale de l’ONU en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, informe la réunion du Conseil de sécurité de la situation dans le pays.

Des civils de plus en plus vulnérables

Mme Keita a tiré la sonnette d’alarme au Conseil de sécurité sur l’érosion considérable de la protection des sites de personnes déplacées ainsi que sur les attaques fréquentes contre les services médicaux et autres infrastructures civiles.

Face à ces changements sécuritaires, la MONUSCO a redoublé d’efforts pour mieux protéger les civils en Ituri, travaillant conjointement avec les FARDC/UPDF, déployant des unités de soutien aux FARDC pour accroître l’effet dissuasif contre le M23 au Nord-Kivu.

La Mission poursuit également des déploiements mobiles pour protéger les personnes déplacées dans le Sud-Kivu, a-t-elle déclaré.

Cependant, sans une approche combinée s’attaquant à la fois aux causes et aux symptômes, les efforts des forces onusiennes et congolaises resteront insuffisantsa-t-elle souligné, ajoutant que dans la province du Tanganyika, la Mission suit de près l’évolution de la dynamique sécuritaire avant son retrait prévu en juin.

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