retrouvailles explosives entre le Sénégal et l’Egypte

Opposées en finale de la CAN début février, les deux nations se retrouvent pour se disputer l’un des derniers tickets pour la Coupe du monde au Qatar.

Comme on se retrouve ! Moins de deux mois après la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, l’Egypte retrouve le Sénégal, qui avait décroché la timbale au bout du suspense le 6 février dernier (0-0, 4-2 aux t.a.b.). Et cette fois, c’est bien une double confrontation qui décidera de la destinée de deux des sélections les plus prestigieuses du continent, toutes deux présentes en Russie en 2018.

Un diptyque qui promet des ambiances surchauffées, de l’incandescent stade international du Caire ce vendredi (20h30) à la ferveur du flambant neuf stade Abdoulaye Wade de Dakar mardi prochain (19h). L’enjeu est trop important pour ces deux nations pour que le 12e homme ne joue pas son rôle sur comme en dehors du stade. «Soutenons l’Egypte tous ensemble, soyons unis, a appelé le sélectionneur Carlos Queiroz, poète plus que prophète sur Twitter. Je veux un drapeau de l’Egypte à la fenêtre de chaque maison, un maillot de l’équipe nationale sur la poitrine de chaque supporter et cent millions de fans réunis au rythme d’un seul et même battement de cœur.»

L’Egypte doublement revancharde

L’occasion est en effet trop belle pour les Pharaons, recordmans de titres de champion d’Afrique (7), de prendre leur revanche sur le Sénégal… mais aussi sur leur Coupe du monde ratée en 2018. De retour après 28 ans d’absence, l’Egypte était sortie par la toute petite porte en terminant dernière du groupe A derrière l’Uruguay, la Russie et l’Arabie Saoudite (3 défaites). Une campagne ratée dans les grandes largeurs et sujette à des frictions internes, plusieurs médias évoquant même un départ anticipé du capitaine Mohamed Salah, qui restera finalement jusqu’au bout.

Sadio Mané s’attend à une Egypte «revancharde» près de deux mois après la finale de la CAN remportée par les Sénégalais. Panoramic

De l’eau a coulé sous les ponts depuis, même si l’Egypte a de nouveau déçu l’année suivante en sortant prématurément de la CAN 2019 disputée sur ses terres. Et c’est donc une Egypte doublement revancharde qui va chercher à renouer avec son glorieux passé. Un passé secondaire dans l’approche de la rencontre assure le sage Aliou Cissé, architecte du premier sacre continental des Lions de la Téranga. «Le football professionnel, le football de haut niveau ne se nourrit pas que du passé», explique le sélectionneur avant «deux échéances très importantes pour le football sénégalais.»

L’ancien milieu et capitaine des Lions connaît trop bien l’histoire et réfute d’ailleurs tout statut de favori de ce rendez-vous couperet. «Nous sommes champions d’Afrique. Mais nous ne sommes pas favoris, parce que les statistiques disent que toutes les équipes qui ont été championnes d’Afrique ne se sont pas qualifiées au Mondial», rappelle Cissé, qui se souvient du dernier exemple en date (Cameroun champion d’Afrique en 2017 et absent au Mondial 2018). Si le sélectionneur refuse de parler d’Egypte revancharde, se contentant de prédire une «double confrontation rude et très difficile», son maître à jouer est moins mesuré. «Ça ne va pas être facile de retrouver cette équipe revancharde», convient Sadio Mané dans France Football.

Salah vs Mané, acte 2

Et pour cause, l’atout numéro 1 du Sénégal est au parfum des réalités du terrain, lui qui croisera à nouveau le fer avec Salah, son partenaire à Liverpool. Les deux hommes, qui refusent de résumer ce duel à un match dans le match entre les deux numéros 10, tous deux porte-drapeaux de leur sélection, auront inévitablement une grande part de mérite dans la destinée de leur nation. Comme Mané, qui avait transformé le dernier tir au but de la finale à Yaoundé pour vaincre le signe indien, quand le Pharaon était passé au travers de sa finale.

À la fin du match, l’intéressé avait d’ailleurs eu un geste de classe à l’égard de son acolyte sur les bords de la Mersey, qu’il avait tenu à réconforter. «On s’était beaucoup chambrés avant la CAN et je me doutais qu’il était forcément très déçu, raconte Mané. Je n’allais tout de même pas le laisser sans un mot. Ce que j’ai fait, il l’aurait fait de la même manière si le sort avait été contraire. Je lui ai dit des mots assez simples pour essayer de le réconforter, en lui demandant de ne pas se laisser abattre.»

Mais il y aura à nouveau un vaincu le 29 mars prochain sur les coups de 21h. Et nul ne se risquera à pronostiquer l’identité de celui qui manquera le Qatar en fin d’année. Pas plus que Jürgen Klopp, leur entraîneur à Liverpool qui a pris soin de n’avantager aucune des deux sélections en plaçant les deux hommes au repos contre Nottingham Forest samedi (0-1). L’Allemand a tout intérêt de rester neutre dans ces moments-là…

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