Les meurtres de Bucha soulèvent des questions « sérieuses » sur d’éventuels crimes de guerre : Bachelet |

Dans un communiqué publié lundi, la chef des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a déclaré qu’elle était horrifiée par les images de personnes gisant dans les rues et dans des tombes improvisées.

« Les rapports émanant de ce domaine et d’autres soulèvent des questions graves et inquiétantes sur d’éventuels crimes de guerre, de graves violations du droit international humanitaire et de graves violations du droit international des droits de l’homme », dit-elle.

Conserver toutes les preuves

Mme Bachelet a demandé que tous les corps soient exhumés et identifiés afin que les familles des victimes puissent être informées, et les causes exactes du décès établies. Elle a ajouté que toutes les mesures devraient également être prises pour préserver les preuves.

« Il est vital que tous les efforts soient faits pour garantir des enquêtes indépendantes et efficaces sur ce qui s’est passé à Bucha, pour garantir la vérité, la justice et la responsabilité, ainsi que des réparations et des recours pour les victimes et leurs familles », a-t-elle déclaré.

L’ONU en Ukraine s’est également jointe à l’appel du Secrétaire général pour une enquête sur ce qui s’est passé à Bucha.

Des observateurs des droits en route

Osnat Lubrani, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Ukraine, a souligné l’horrible violence contre les civils dans la ville et dans deux autres zones proches de la capitale, Irpin et Hostomel, ainsi que dans d’autres parties du pays.

Il est essentiel que tous les rapports de violence contre les civils soient vérifiés de manière indépendante, a-t-elle déclaré, et la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine tente de se rendre dans ces lieux sans délai.

Une enquête indépendante est essentielle pour déterminer l’étendue de ces crimes et s’assurer que les auteurs sont tenus responsables, a-t-elle ajouté.

© UNICEF/Anton Skyba pour le Globe and Mail

Un homme marche devant un cratère laissé par une explosion lors de l’escalade du conflit à Kiev, en Ukraine.

Les Ukrainiens pris « en enfer vivant »

Mme Lubrani a rappelé que pour les États membres de l’ONU, la protection des civils est un « fondement » de leurs engagements envers les peuples du monde entier et qu’en temps de guerre, ils sont en outre liés par les engagements convenus dans le cadre des Conventions de Genève.

« Nous continuerons de surveiller de près et de signaler les attaques contre les écoles, les hôpitaux, le personnel médical et d’autres infrastructures civiles, l’utilisation d’armes lourdes dans les zones résidentielles et le refus d’accès humanitaire », a-t-elle déclaré au nom de l’ONU. en Ukraine.

Les habitants du pays « endurent l’enfer de la guerre depuis plus d’un mois », et l’ONU a appelé à des pauses humanitaires afin que les civils puissent partir en toute sécurité et que les travailleurs humanitaires puissent livrer des secours vitaux.

« Nous continuons d’appeler à un cessez-le-feu et à la paix en Ukraine », a déclaré Mme Lubrani. « Nous savons que les mots seuls ne peuvent pas réconforter la perte d’êtres chers ou remplacer l’action. Cette guerre meurtrière doit cesser : c’est le seul moyen de mettre fin à ces pertes de vies et à ces souffrances inutiles.

Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, les agences et partenaires des Nations Unies ont jusqu’à présent apporté une aide essentielle à plus de 1,4 million de personnes.

Un appel humanitaire de 1,1 milliard de dollars pour soutenir les habitants du pays, lancé le mois dernier, est financé à un peu plus de la moitié.

« Chef de secours » à Moscou

Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies, Martin Griffiths, s’est rendu à Moscou ce week-end et a tenu plusieurs réunions de haut niveau avec des responsables du gouvernement russe, dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ainsi que le vice-ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense du pays.

Les réunions du chef des secours de l’ONU ont lieu pour explorer les accords et arrangements possibles pour un cessez-le-feu humanitaire.

M. Griffiths informera le Conseil de sécurité à New York mardi, avec le secrétaire général António Guterres et la chef du Département des affaires politiques de l’ONU, Rosemary DiCarlo.

Il espère ensuite se rendre en Ukraine, selon le porte-parole adjoint de l’ONU, informant les correspondants à New York.

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