Première personne : De prendre des vies à sauver des vies, en RD Congo |

M. Mwingwa avait 17 ans lorsqu’un groupe rebelle – le RCD Goma – l’a convaincu de rejoindre ses rangs et de lutter contre le gouvernement de l’époque du président Laurent Kabila, avec des promesses d’une vie de prospérité.

Il a été recruté à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, et a commencé une formation militaire dans la brousse. Après avoir combattu pendant sept ans, M. Mwingwa s’est rendu et est maintenant un employé de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC (MONUSCO) en tant qu’assistant de sécurité incendie.

« Quand j’ai rejoint le RCD Goma, un avenir sombre m’était réservé. Le gouvernement essayait d’imposer une tribu, pour régner sur tout le pays, et les chefs rebelles ont promis qu’une fois que nous aurons libéré le pays, nous prospérerions.

Après le recrutement, nous sommes restés à Goma pendant un mois puis nous avons été envoyés au camp militaire de Rwampara, situé à Bunia, province de l’Ituri. Les chefs rebelles se sont rendus compte que nos parents nous cherchaient, et il aurait été plus facile pour eux de nous repérer à Goma.

En 1999, la formation a été transférée à Kisangani, avant que nous soyons envoyés sur le champ de bataille de Manono, dans la province du Tanganyika. Les combats étaient intenses. Nous avons utilisé des armes lourdes comme des grenades propulsées par fusée (RPG). Nous étions très jeunes, et certains de ceux qui ont survécu plus tard, ont eu des dépressions mentales.

J’ai beaucoup souffert. Les conditions étaient sales et puantes, et nous étions infestés de poux.

Vidéo de l’ONU

Fabien Mwingwa, ex-combattant en République démocratique du Congo, RDC. Il s’est rendu en 2005 et travaille maintenant comme pompier à la MONUSCO, bureau extérieur de Goma.

« Veuillez rentrer chez vous »

J’ai été choisi pour escorter notre chef jusqu’à Goma, avec d’autres combattants, et quand ma mère a appris que j’étais de retour, elle m’a supplié de rester à la maison, car les membres de la famille étaient attristés par ce qu’ils avaient entendu dire que j’avais vécu dans la brousse. .

Mais je suis resté avec le groupe, et ce n’est qu’en 2004 que j’ai décidé de partir. J’ai réalisé que la vie avec les groupes armés n’apportait pas la prospérité qu’ils avaient promise : quel que soit l’argent que nous recevions, nous devions le donner aux dirigeants, qui ne nous offraient même pas un abri.

L’année suivante, j’ai entendu parler du programme de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR), géré par la mission de maintien de la paix de l’ONU. J’ai rendu mes armes et mes uniformes et j’ai suivi toutes les procédures, y compris la visite d’un bureau qui vérifiait si j’avais effectivement suivi une formation militaire ou si j’avais commis des crimes dans la communauté.

J’ai obtenu un emploi d’agent de sécurité, où j’ai reçu une formation en ingénierie et en sécurité incendie. À la fin de mon contrat, j’ai obtenu plusieurs autres contrats à court terme jusqu’à ce que je sois employé par la MONUSCO en tant qu’assistant de sécurité incendie en 2015.

Je suis reconnaissant que la MONUSCO soit avec moi depuis ma reddition. Je gagne un salaire décent et je suis propriétaire d’une maison. Je suis mariée et je suis en mesure d’assurer une bonne éducation à mes enfants.

Mon message aux jeunes est qu’ils ne devraient pas aller se battre dans la brousse, car il n’y a aucun avantage. J’ai souffert, j’ai perdu du temps. Et aux combattants, je dis, s’il vous plaît, rentrez chez vous et apprenez diverses compétences. Tu pourrais être embauché comme moi, et la vie est belle ».

ONU/ Eskinder Debebe

Fabien Mwingwa, un ex-combattant qui est employé par la MONUSCO à Goma, province du Nord-Kivu en RDC en tant qu’assistant de sécurité incendie.

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