Comment la SNSM forme ses nageurs secouristes, indispensables pendant la saison estivale

Dans les eaux salés de la Méditerranée au large de Cros-de-Cagnes dans les Alpes-Maritimes, des silhouettes émergent des vagues. Ce sont des secouristes qui sont testés par des professionnels de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Les formateurs vérifient les compétences des « nageurs de bord », le homonyme donné à ces bénévoles qui plongent dans l’eau pour une opération d’urgence. 

Au large de la Côte d’Azur, ils doivent nager 500 mètres en moins de 15 minutes. « Ce n’est pas une compétition, mais un test dont la réussite est comme une garantie pour leur sécurité et la sécurité de tous », témoigne Patrice Rous, formateur aux stations SNSM de Cannes et Cros-de-Cagne. Ce jour-là, tous les nageurs équipés de palmes, gilet de sauvetage et tuba, sont dans les temps. « Le dernier est arrivé en moins de 13 minutes », souffle Laurent Darteyron, formateur national en soutien local pour les Alpes-Maritimes et le Var. 

Garder son sang-froid

Cette marge de deux minutes sur le temps maximum imparti n’est pas de trop. Les nageurs de bord doivent être prêts à sauter à l’eau par tout type de conditions météorologiques. Parcourir un demi-kilomètre dans une mer agitée n’est évidemment pas la même chose que de couler sa brasse sous un fort soleil. « Aujourd’hui, ils ont de la chance. Il n’y a pas de courant, ni de vent », récapitulation Emmanuel Nocet, sauveteur à la station SNSM de Pornic en Loire-Atlantique. Il était à Cros-de-Cagnes pour superviser la formation.  

Des nageurs de bord en stage à Cros-de-Cagnes dans les Alpes-Maritimes.  (FRANCEINFO)

Le stage qualifiant pour être nageur de bord est désormais uniformisé dans toutes les stations SNSM pour garantir des compétences équivalentes sur tous les littoraux. « Il y a un cadre qui nous permet de proposer dans les stations des nageurs qui sont clés en main. Ça va être le couteau suisse du patron dans une embarcation », sourit Laurent Darteyron.  

Sur la plage, les nageurs sauveteurs

Le nageur de bord est le dernier maillon de la chaîne de sauvetage en mer. Quand la navette de secours s’est rapprochée au maximum d’un lieu d’opération, le ou les nageurs embarqués à bord sautent à l’eau. « Le nageur à bord, c’est la rôle qu’on va envoyer au contact de la victime ou au contact du bateau qui est échoué. Cela va nous permettre d’établir un lien entre le lieu du secours et la vedette », témoigne Gil Rochette, patron de la station SNSM du Cros-de-Cagnes. 

FRANCEINFO

Chez la SNSM, il y a aussi les nageurs sauveteurs. Ce sont des secouristes qui surveillent les lieux de baignade pendant la saison estivale. Sur les 9 000 secouristes bénévoles de la SNSM, ils sont environ 2 000 à être déployés sur la terre ferme en tant que nageurs sauveteurs. Ils bénéficient eux aussi d’une formation très cadrée. « On essaie d’être très concret. On met l’accent sur le but pratique et technique. Parce que demain, ce sont ces techniques-là qu’ils devront mettre en oeuvre. Il y a le référentiel, mais derrière il y a cette expérience qu’ils vont devoir se mouler pour être bon », avertit Julien Drelon, directeur adjoint logistique formation SNSM de Fort-Mahon dans la Somme.

2000 nageurs de bord sont formés chaque année par la SNSN.  (FRANCEINFO)

De manière générale, les nageurs de bord et les sauveteurs de plage sont différents maillons de la même chaîne de secours. Les stages servent aussi à huiler une mécanique collective qui doit être parfaite. « Ce sont des valeurs qui nous sont chères : la cohésion, l’esprit d’équipe, la fraternité. Quand on se retrouve en mer, on est obligés de faire confiance à l’autre car on se retrouve dans des conditions ou des situations où on se dit : ‘c’était limite' ». Mais le but premier, c’est d’aller sauver des gens », pointe Julien Drelon. 

« Ça peut arriver à toute saison, de nuit, de jour, en hiver, en été »

Pierre Rochette

sauveteur nageur de bord au Cros-de-Cagnes

À Cros-de-Cagnes, les nageurs remontent à bord du bateau. Les visages sont cernés par les traces des masques. Les corps sont fatigués par la nage épuisante en haute mer. Mais il y a la satisfaction de se sentir prêt à faire face à l’imprévu. « Ça peut arriver à toute saison, de nuit, de jour, en hiver, en été. Un de mes collègues est resté 1h30 sur une digue du port. Donc oui, il y a une certaine adrénaline », résume Pierre Rochette, sauveteur nageur de bord à Cros-de-Cagnes. 

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