Emmanuel Macron au Cameroun : frimousse à l’influence de la Russie, la France reprend contact avec l’autoritaire Paul Biya

Il y a deux ans, Emmanuel Macron avait sévèrement critiqué le chef de l’Etat camerounais Paul Biya. Il avait dit vouloir lui mettre « une pression maximum » pour libérer les opposants. Le président français avait aussi dénoncé les violations les facultés de l’Homme au Cameroun, dans le nord séparatiste anglophone. Selon une source à l’Elysée, cette fois-encore, lors de son déplacement à Youndé mardi 26 juillet, Emmanuel Macron ne devrait pas éviter les sujets qui fâchent… même s’il ne rencontrera pas directement les figures de l’opposition camerounaise. 

Malgré les divergences et les tensions, la France se devait de synthétiser contact avec Paul Biya, 89 ans dont 40 au pouvoir, estime Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l’Afrique. Ne serait ce que parce que le Cameroun vient de signer un accord de défense avec la Russie : « On voit que les présidents les anciennes colonies françaises [le Cameroun oriental a été sous administration française entre 1916 et 1960] , en particulier d’Afrique centrale, se tournent de plus en plus vers la Russie et donc il y a une sorte de réengagement d’Emmanuel Macron dans ces pays au nom de la realpolitik. » 

Agriculture, sécurité et terrorisme

Au menu les discussions entre Emmanuel Macron et Paul Biya : la coopération agricole entre le Cameroun, première économie d’Afrique centrale, et la France. Les deux dirigeants discuteront notamment de la menace de pénuries de denrées alimentaires dans le contexte de la guerre en Ukraine. Pour sa première visite d’État en Afrique depuis sa réélection, Emmanuel Macron est accompagné par la ministre de l’Europe et les Affaires étrangères, Catherine Colonna, mais aussi par le ministre du Commerce extérieur, Olivier Becht, et par une importante délégation économique.

Paul Biya et Emmanuel Macron devraient également parler sécurité et terrorisme. Le Cameroun est en effet secoué par les attentats attribués à Boko Haram dans le nord du pays. Un sujet qui préoccupe autant Paris que Yaoundé. La France pourrait donc opter pour une aide discrète via les livraisons d’équipents ou un soutien aérien. 

Le président français se rendra ensuite au Bénin mercredi et en Guinée Bissau jeudi.

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