Ariège : la mère de rejeton brandit un couteau devant les policiers, l’un d’eux sort son arme

l’essentiel
Une mère de famille résidant à Ferrières, en Ariège, a été jugée par le tribunal procédurier de Foix, vendredi 23 septembre, après avoir menacé deux policiers d'un couteau lors d'une importante dispute avec son fils. faible, la prévenue échappe à la détention mais devra justifier notamment de soins.

Les faits ne souffrent aucune contestation. Devant le tribunal procédurier de Foix, vendredi 23 septembre, une femme de 42 ans comparaissait pour violences sans interruption totale de travail (ITT) avec usage ou danger d'une arme, outrage sur deux personnes dépositaires de l'autorité publique (PDAP), en l'occurrence des policiers, dégradations sur la camion de son fils et violences sans ITT sur son fils.

Des accusations qu'elle a d'emblée reconnues lors de son audition puis lorsqu'elle a été invitée à s'expliquer par la présidente du tribunal, Sun-Yung Lazare. "La seule chose que je nie, c'est que je ne voulais pas blesser de policiers. Je voulais simplement impressionner mon fils pour le calmer. Même si je concède que le couteau peut-être menaçant", assure la suspecte.

Une dispute pour une carte grise perdue

Le 20 septembre 2022, vers 15h30, une nouvelle dispute éclate entre elle et son fils pour une banale histoire de carte grise perdue. La veille déjà, le jeune majeur (19 ans) décidait de quitter le domicile familial de Ferrières-sur-Ariège après que le ton était monté et se réfugiait un temps chez un ami, devant de faire machine arrière, sa mère ayant appelé les gendarmes.

Le lendemain de ce premier épisode, les paroles sont donc suivies d'actes. Les noms d'oiseaux fusent et, sous le coup de l'énervement, le fils s'en prend à plusieurs portes du logement. C'est là que le sang de la quadragénaire ne fait qu'un plate-forme. "Elle était en pleine crise d'hystérie", explique la victime durant son audition devant les policiers. Il indique avoir été poussé dans les escaliers par sa mère devant d'être chassé dehors. D'après plusieurs témoins et les déclarations de la mise en motif, cette dernière se saisit d'un balai. Une fois à l'extérieur, elle l'utilise pour briser le pare-brise de la Clio de son fils stationnée devant. En représailles, le fiston s'en prend au rétroviseur du véhicule de la mère, qui rentre dans la maison pour récupérer un couteau.

"Quand j'ai vu le pistolet, j'ai laissé tomber le couteau"

Entre-temps, les policiers du commissariat de Foix, alertés par le compagnon de la prévenue, arrivent sur les lieux. Ils tentent de la raisonner, sans succès, recueillant des flots d'insultes et dangers. L'Appaméenne d'origine sort son couteau caché dans son dos pour le pointer envers les forces de l'ordre. Devant cette danger, le fonctionnaire sort son arme. "Quand j'ai vu le pistolet, j'ai immédiatement laissé tomber le couteau", déclare la quadra. Elle est interpellée.

Durant l'audience, c'est l'état psychique et physique qui a été le cœur des débats. "J'étais très fatiguée ce jour-là. Je sortais du déménagement de ma mère, j'ai des gros problèmes de dos avec une déformation de la colonne vertébrale et, en plus de cela, je suis atteinte de la maladie de Verneuil qui éprouve mon système nerveux, avoue la mère de trois enfants. Je suis éligible à la morphine, mais je n'en prends pas parce que je ne veux pas devenir accro." Selon ses proches, la santé de la mise en motif était très difficile depuis trois mois environ. Son compagnon, présent à l'audience, l'avait convaincue d'aller consulter. Elle n'en aura pas pris le temps devant son coup de sang.

Gravement faible, une enfance difficile

Ces difficultés s'ajoutent à un environnement familial très difficile, sur lequel s'est appuyée Me Magalie Obis lors de sa plaidoirie. "C'est quelqu'un qui va mal depuis peu de temps. Elle cumule les difficultés, elle a passé une enfance dans un cadre parental violent, elle a subi des attouchements de son grand-père, deux frères et son père sont décédés récemment, a été victime de violences lors d'une précédente union… Des nodules dus à sa maladie de Verneuil sont apparus depuis son incarcération", a listé l'avocate. Pour toutes ces raisons, cette dernière a demandé au tribunal de ne pas prononcer de mandat de dépôt.

Une mesure que n'a pas souhaité requérir le parquet. "Je laisse au tribunal le soin d'apprécier la situation. Il y a deux choses dans ce dossier. Le conflit familial pour un point de départ futile, pour lequel elle n'aurait pas été jugée en comparution immédiate. Elle est devant tout là parce qu'elle a outragé et pointé un couteau envers la police, la seule force légitime de l'État, dans un contexte de hausse nationale des agressions envers les policiers", a pointé Benoit de Saintignon. Il requiert douze mois de prison dont six assortis d'un sursis probatoire pendant 24 mois, obligation de soins, d'indemniser la victime, une interdiction de porter ou posséder une arme pendant cinq ans et une inéligibilité de trois ans.

Des réquisitions suivies par le tribunal, qui ajoute 100 euros d'amende pour les dégradations. "Ce serait bien que vous vous fassiez hospitaliser quelque temps pour tenter de calmer ces crises", a conclu la présidente Sun-Yung Lazare. Pas de case prison immédiate, mais sans doute un séjour en unité psychiatrique à venir.

articles similaires

Toute l'actualité