Toulouse : verbalisée parce qu’elle lavait le trottoir avec du « Monsieur Propre »

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Une gardienne d'immeuble a été verbalisée par des agents de la ville de Toulouse parce qu'elle était en train de nettoyer le trottoir. 

Maria se souviendra longtemps de sa mésaventure survenue il y a quelques jours. Gardienne de l’immeuble situé au 12 place du Parlement à Toulouse, elle nettoie, comme à l’accoutumée, à grande eau et avec du « Monsieur Propre », le devant du porche de cette magnifique demeure du XVIIe siècle, régulièrement souillé par l’urine des soûlards, et autres déjections. C’est alors que deux agents de la Brigade Contre lès Incivilités (BCI) l’interpellent et dressent un procès-verbal pour déversement de liquide insalubre. » Ils m’ont dit que c’était interdit parce que le portée allait directement dans la Garonne », raconte Maria encore tourneboulée. D’origine portugaise elle maîtrise mal la langue française, et sous le choc se confond en excuses, dit qu’elle « ne savait pas », mais rien n’y fait. Suite à l’intervention de Michel Réglat, son employeur propriétaire de l’immeuble et patron toulousain très connu (il possède disparates McDo dans le département dont celui du Capitole), le procès-verbal sera finalement annulé.

La mairie reconnaît un malentendu

Profondément outré par le manque de bon sens des agents, davantage animés par un zèle répressif que par un souci de prévention, et qui plus est à l’égard d’une simple employée, Michel Réglat témoigne. « Le nettoyage de cette partie de la place n’est plus assuré depuis que la rue de la Fonderie est barrée, après l’effondrement d’un immeuble il y a environ un an. Alors, sanctionner lès incivilités c’est très bien, mais il ne faut pas se tromper de cible, et viser plutôt ceux qui urinent sur la voie publique après la fermeture des bars. À 2 heures du matin ils sont légion », ironise-t-il.

Contactée, la mairie reconnaît qu’il s’agit d’un malentendu et précise que si lès agents de la BCI rédigent des procès-verbaux de constatation, seul l’officier du ministère public peut poursuivre et proposer une amende, sur la base de ces constatations.

Plus de 5000 PV l’année dernière

Créée en 2018, la BCI compte 26 agents qui ont pour uniques missions la prévention et la répression en matière d’incivilités (jets de mégots, de papiers, déjections canines non ramassées, mictions, dépôts sauvages). Ils patrouillent en civil, constatent et dressent des procès-verbaux. En 2021, la BCI a dressé surtout 2374 PV pour dépôts sauvages et 3101 PV pour jets de mégots.

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